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Hier et demain

Le 30 décembre 2015, 12:42 dans Humeurs 7

Parfois, je regarde vers l'avenir, et je m'interroge. Je vois mes doutes, mes questions, mes problèmes non résolus, mes manques, mes désirs en suspens. Et puis je regarde en arrière, vers l'année qui vient de s'écouler.

Je regarde l'année écoulée, et mon coeur se gonfle de joie et de fierté. Il y a un an, j'abordais la nouvelle année pleine de peurs et de doutes, d'épuisement aussi, aujourd'hui c'est pleine d'espoir et d'envies que je vais accueillir 2016.

2015: année de transition, année de remise en question, année de renouveau. C'est je crois ce que je retiendrais de 2015, une année charnière, difficile en bien des points mais qui m'aura fait tant grandir. Début 2015, fin de mon contrat. Retour chez mes parents le temps de trouver autre chose. Le temps de me reconstruire aussi, même si je n'en avais pas conscience. Un début d'année pour récupérer, faire une pause, me libérer de ce travail qui m'a pris tant de mon temps et de ma vie. Un temps pour accepter, pour assumer mon envie de changement. Un temps pour m'interroger, pour envisager, pour me remettre en question et accepter les possibilités de l'avenir. Pendant quelques mois, j'ai fait presque rien, malgré les "tu fais quoi après" et les "alors, tu cherches du boulot". Une période nécessaire pour moi. Faire le point et accepter, commencer à poser des jalons, définir des souhaits.

Puis commencer à avancer. De nouvelles rencontres, une amitié inattendue mais si importante, un cadeau de la vie pour lui donner du sens. Redécouvir la joie du partage, la beauté du vivre-ensemble, les soirées entre potes. Déjà la moitié de l'année est passée. Mais avec le recul, je crois que ce temps m'était nécessaire et qu'il m'a aidé.

Alors soudain, enfin, l'envie de nouveau qui domine. Le besoin de partir, de retrouver un chez-moi, les vélléités d'indépendance. Le découragement aussi, quand les réponses négatives suivent les absences de réponses. Et puis le soulagement, un poste, un nouvel avenir qui se profile.

Le départ, le déménagement, un nouveau pays. De belles rencontres, des soirées entre potes, le petit plaisir d'aller boire une bière le soir après le boulot. Un job nouveau et intéressant. Une année qui se termine sur une infinités de possibilités.

Alors oui, il reste des doutes, des manques, des non-accomplis... Mais ils sont source de possibilités pour 2016. 2015 m'a changée, et 2016 m'inspire. Je regarde aujourd'hui l'avenir avec le sourire.

 

PS: Merci à Bleu lavande pour la traduction de la citation

Comment agir pour apaiser la FHaine?

Le 9 décembre 2015, 19:30 dans Humeurs 0

Aujourd'hui, je me sens désemparée. Désemparée face à la vague de Haine et d'ignorance qui a submergé mon pays. Face à ce choix des urnes, cette déclaration électorale de 15 à 20% des Français. Quand ceux qui prônent le rejet d’autrui et l’intolérance sont encensés comme des sauveurs.

 

Oh, j’ai peur, si peur pour toi ma France, mon pays de tolérance. Où sont passées tes valeurs? Pourquoi, comment en est-on arrivé là? Que se passe-t-il? Qu’a-t-on oublié?

 

Bien sûr, je les comprends, un peu, pas vraiment, mais disons que je suis leur raisonnement. Au fond, qu’y a-t-il de plus facile que de rejeter tout ce qui ne va pas sur autrui, d’accuser l’inconnu, le parvenu, l’usurpateur de nos droits?

 

Mais se proclamer patriotes, ah non ça, je ne peux pas. Être patriote, ce n’est pas cracher sur nos compatriotes au prétexte de leur différence. C’est aimer son pays et vouloir le rendre meilleur. Ce n’est pas soutenir un parti pour qui l’égalité homme-femme n’a aucune valeur. Mesdames, femmes françaises d’aujourd’hui, comment pouvez-vous jeter à vau-l'eau ces droits acquis de haute lutte en votant pour un parti qui vote officiellement contre les textes européens qui visent à favoriser l’accès à la contraception et à l’avortement? Comment? Souhaitez-vous donc redevenir des ménagères femmes à tout faire face à des époux vautrés dans leur canapé?

Elle me fait mal, tu sais, ta haine de l'autre. Pourtant, j'aurais pu être comme toi, au fond. Moi aussi, j'ai grandi à la campagne, là où ces maudits profiteurs de maghrébins sont bien rares. Moi aussi, j'ai des préjugés sur eux. Mais j'essaie, oui, j'essaie au mieux, de regarder plus loin que le bout de mon nez. Parce qu’en vrai, tu cherches juste un bouc émissaire, une excuse. Tu trouves le pourquoi du comment des difficultés actuelles dans cette justification si facile.

Et moi, je me sens désemparée. Je voudrais te montrer que la vie, c’est pas si simple. Que cet autre que tu dénigres, il souffre lui aussi des difficultés de notre pays. Que le plus souvent, il n’est pas plus profiteur que toi. Sauf que tu ne le sais pas, parce que tu ne le connais pas. Tu ne connais pas, alors c’est si facile de détester. De détester et d’écouter le flot de FHaine se déverser au milieu des fausses solutions miracles entre les lèvres de ces femmes qui ont soi-disant transformé le parti.

Voilà ce qui m’effraie et me désole: c’est que tu y crois, vraiment. Que tu es convaincu que tout ça va changer la donne, qu’un tel vote pourrait révolutionner ton monde. Le révolutionner, ça oui, il le pourrait. Mais en bien? En es-tu si sûr

 

Je voudrais pouvoir agir, te montrer les contre-vérités dont tu es si convaincu. Je voudrais aussi te redonner espoir, te permettre de croire en un monde meilleur dans l’unité nationale. Je voudrais tendre des ponts, construire des passerelles pour refermer cette fracture que tu creuses un peu plus chaque jour. Je ne veux pas tenter de te convaincre à coups d’arguments massues et des réalités délavées, je sais pas bien que tu refuseras d’y croire. Mais je ne veux pas que tu crois, je veux que tu saches. Au-delà des rumeurs...

 

Je rêve d’une France unie, d’une France où chacun regarde l’avenir avec optimisme. Une France où la politique est perçue comme une chance, où aller voter n’est plus un devoir qui a perdu son sens mais une expression pleine de sens de nos souhaits. Je rêve que ton cri de FHaine soit entendu pour ce qu’il est plus profondément, un cri de désespoir.

 

Et si je ne sais point comment agir face à ta FHaine, que je ne comprends pas comment inverser la tendance nationale, que j’ai mal à chacune de tes affirmations écoeurantes, je ne peux que choisir d’agir à mon échelle. Agir en refusant que ta haine gouverne ma vie, en refusant d’agir comme toi, de cracher sur l’autre. Je peux tout doucement chérir mes valeurs et les transmettre à ceux que j’aime.


Je ne sais pas, je ne sais plus comment agir pour apaiser le FHaine, mais je peux refuser de la laisser gouverner ma vie, et tenter à mon échelle de parler d’amour et de nourrir la fraternité.

Symphonie

Le 4 décembre 2015, 23:33 dans Humeurs 0

 

Ils avaient décidé de prendre des vacances. Ils se sont sauvés, comme ça, du jour au lendemain, sans prévenir, pffft, disparus, envolés. Je ne sais pas s’ils se sont carapatés pour me faire enrager ou juste parce qu’ils ont eu du mal à me retrouver quand j’ai déménagé. Toujours est-il qu’arrivée dans mon nouveau pays, ben, ils n’étaient plus là.

Au début, je n’ai rien vu, trop occupée. C’était une pause, un répit, pour moi aussi. Du temps à me consacrer rien qu’à moi, à rêver à l’avenir, à découvrir, à engranger. Trop de choses à faire pour penser à eux, profiter de leur absence pour me consacrer aux nouveautés, aux rencontres, aux explorations, et un peu aussi à l’installation. Savourer tous ces moments si rares ces dernières années, me donner du temps pour croire que ces belles choses sont réalité.

Et puis vient le temps de se poser. Trouver un nouveau train-train, un rythme quotidien. Me créer des habitudes, et libérer des instants qui avaient été chargés de nouveautés. Vouloir partager, la joie, le bonheur, les instants présents, les moments étonnants, surprenants, la vie qui frétille. Et réaliser.

Réaliser qu’ils sont partis. Pffft, disparus, envolés, planqués, dissimulés, bien cachés. En voyage ou en décalage, hors de moi ou tout au fond de mes tréfonds. Pas moyens de les révéler, ne même pas songer à les utiliser. Ne plus trouver comment communiquer. Rager, enrager, grommeler, ne pas vraiment avoir le temps de chercher. Laisser couler, vous laisser vous lasser, ne plus trop vous parler. Y penser, là tout au fond, garder l’idée. Et continuer à avancer, sans eux, leur donner du temps pour se régénérer. Accumuler les sourires pour leur envoyer mon énergie.

Et puis, brutalement, Paris m’a cognée. Ils ont préféré rester éloignés. Ils se sont renfermés. Ou les ai-je repoussés ? Ce temps n’était pas celui de nous retrouver. Pourtant leur absence m’a pesé. Inconsciemment toujours je les cherchais sans les trouver, mes vacanciers. Jusqu’au jour où…

Jusqu’à ce jour où je leur ai fait une infidélité. Voilà, s’ils voulaient me laisser tomber, moi aussi je pouvais aller voir ailleurs. Je me suis accordé une soirée pour écouter chanter les violoncelles. Je crois bien que je les ai fâchés. Brutalement, ils ont débarqué.

C’était une tornade soudaine, déchainée, instantanée. Un ouragan chargé, entrainé par la musique endiablée. Joie, folie, bonheur, humeur. Cavalcade de syllabes, fugue et contrepoint, levée de rideau. Comme un cri intérieur, une libération silencieuse, un excès discret. La révélation du manque quand il disparait, la découverte qu’ils étaient juste cachés au fond de moi. Jaillissement d’une source que j’aurais cru tarie, mais qui était seulement en train de se recharger. Ils ont chanté, ils ont dansé, ils m’ont enivrée. Sans queue ni tête mais toujours avec joie. Au rythme de la symphonie, à l’harmonie de l’orchestre. Un bouillonnement intérieur dans un calme extérieur.

Ils ont voyagé pour mieux revenir, ils se sont éloignés pour mieux se régénérer, la distance m’a rappelé leur importance. Ils sont mes amis, mes confidents, ils sont ma joie, ma liberté, ils sont un secret bien préservé et si apprécié. Ils sont la musique de ma vie, leur accord est ma symphonie.

Bref, et ce n’est pas un vain mot, j’ai retrouvé mes mots.

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